Qu’est-ce qu’une émotion ?

« Chacun sait ce qu’est une émotion jusqu’à ce
qu’on lui demande d’en donner une définition.
A ce moment là, il semble que plus personne ne sache. »

Paul Ekman un psychologue américain et professeur d’université est un des pionniers à s’être intéressé aux mécanismes par lesquels se traduisent les émotions. Il scrute depuis plus de cinquante ans les expressions faciales, par lesquelles nos émotions s’extériorisent.

Ekman pense faire partie des personnes chez qui la reconnaissance des émotions est innée: Petit, il arrivait à repérer la colère sur le visage de son père et à savoir quand il allait le rouer de coup. De ce fait et suite à un drame personnel (le suicide de sa mère lorsqu’il avait 14 ans) il décide d’apprendre à repérer les «mécanismes» des expressions du visage et notamment ceux de la dépression.

L’expression d’une émotion est totalement universelle. Elle n’a contrairement pas à ce que nous pourrions croire de connotation culturelle : un sourire ou un froncement de sourcils ont la même signification partout dans le monde

Les émotions sont perceptibles pour autrui à la fois par la parole mais aussi par l’expression du visage, la gestuelle et la posture. Il en existe une très grande variété avec leurs nuances, leurs combinaisons et leurs variantes.

Selon Ekman et ses collaborateurs, apprendre à identifier les micro-expressions contribuerait à améliorer l’intelligence émotionnelle et l’empathie, tout en développant le contrôle des émotions et les capacités sociales.

Apprendre à reconnaître et ressentir ses émotions est un outil de développement personnel et relationnel accessible à chacun. C’est développer son intelligence émotionnelle. Savoir ce que nous ressentons et ce que ressentent les autres renforce notre empathie et nous aide à apprendre à nous connaître.

Définition

Le mot émotion vient du latin « ex-movere » qui signifie mouvement vers l’extérieur. C’est ce qui nous met en mouvement, nous secoue et nous fait bouger hors de….suite à un stimuli, un déclencheur d’émotion. C’est un état affectif, bref et intense. L’émotion naît d’une interaction et modifie quelque chose dans la configuration de notre visage et de notre corps. L’étymologie en soi donne des indications précises sur le chemin à suivre pour lire l’émotion : d’abord observer son mouvement, car l’émotion est un mouvement corporel… Derrière une émotion, il y a donc toujours un mouvement. Il est même sans doute à la base de l’émotion

Le déclencheur peut être externe : Votre collègue ne s’investit pas dans son travail et déclenche en vous de la frustration voire de la colère. Vous avez des sensations corporelles comme de la crispation des mâchoires.

Le déclencheur peut être interne : En repensant à votre collègue le soir, vous réveillez votre frustration. Vous ressentez à nouveau des tensions mais cette fois c’est votre pensée qui a été le déclencheur.

Précisons que, beaucoup de nos émotions sont déclenchées par nos pensées. Ainsi les ruminations mentales qui provoquent l’anxiété. Nos pensées sont notre grille de lecture de la réalité et nos représentations vont influencer nos réactions émotionnelles.

Les émotions de base.

Après des études sur différents continents, Paul Ekman démontrera qu’il existe 6 émotions qu’il caractérise comme universelles et innées. Il les nommera par la suite les expressions primaires, ce sont : La joie, la colère, la peur, la tristesse, la surprise et le dégoût.

Mais certains maintenant suggèrent que la surprise fait partie de la peur et le dégoût de la colère.

Les émotions primaires sont des réactions émotionnelles spontanées vis à vis d’une situation. Si vous leur portez de l’attention, elles seront un guide pour savoir comment vous vous sentez.

Elles vous informent sur la façon dont vous vous comportez avec vous-même, avec ceux qui vous entourent et plus important encore, elles vous informent sur vos besoins. Toutes les émotions sont liées à un besoin. Elles vous indiquent que vous devez vous en occuper puisqu’un ou plusieurs de vos besoins sont affectés.

  • La peur est ressentie face à un danger réel ou imaginaire, une menace pour notre sécurité.L’objectif de la peur est de nous pousser à nous informer, à réfléchir, à anticiper, à nous préparer à l’attaque ou à la fuite. Elle peut être également liée à une appréhension, elle peut alors s’avérer stimulante ou bloquante. C’est la sidération lorsque la peur est trop forte. Derrière la peur, il y a un besoin de protection, d’aide, de compréhension, de sécurité, de réassurance
  • la colère est une émotion de réparation face à la frustration et à la blessure. C’est la perception d’une situation vécue comme dévalorisante, injuste ou menaçante pour soi, à l’encontre de nos idées, de nos croyances et de nos valeurs. Elle alerte sur la mise en danger de l’intégrité et se libère en exprimant le besoin non satisfait. Derrière la colère, il y a un besoin d’écoute, d’empathie, de compréhension, de réparation.
  • La joie est un état de satisfaction et de bien-être qui se manifeste par de la gaieté et de la bonne humeur. Elle accroît notre énergie, la motivation et la confiance en soi. Nos besoins et nos désirs sont satisfaits. La joie survient quand on se sent exister, en communion, quand il y a adéquation entre la vie et les valeurs. Derrière la joie, il y a un besoin de partage, de liens, de réjouissance.
  • La tristesse est en lien avec une perte réelle ou imaginaire et l’ampleur dépend de la valeur que nous accordons à son objet. Elle est révélatrice du déficit affectif et nous parle du lien et de son corollaire le manque. La tristesse effectue un travail d’intégration et de réparation qui permet d’accepter la réalité. Derrière la tristesse, il y a un besoin d’acceptation, d’écoute d’amour inconditionnel, de reconnaissance.
  • Le dégoût correspond à un rejet, une aversion physique ou psychologique envers un objet (nourriture…) ou une personne. Derrière le dégoût, il y a un besoin de respect, d’accueil.
  • La surprise est provoquée par un événement inattendu, soudain, en lien avec un changement imminent ou par une révélation allant à l’encontre de notre perception, de nos représentations. La surprise, est toujours une émotion de courte durée, qui précède une autre émotion ; par exemple : la joie ou la tristesse.
  • L’émotion est physiologique, elle agit sur le corps : Si vous éprouvez de la colère, de la joie, ou de la tristesse, le ressenti sera très différent.
  • L’émotion agit aussi l’esprit, elle nous fait penser différemment. C’est la composante cognitive des émotions. Elle trouble la raison ou au contraire la soutient.
  • L’émotion nous prépare et souvent nous pousse à l’action ; c’est la composante comportementale de l’émotion.

Observer ses émotions.

Chaque émotion joue un rôle essentiel dans notre vie. Elle demande à être accueillie et écoutée, qu’elle soit agréable ou non, pour nous éclairer et nous guider. Elle nous permet de nous relier à nous-même.

Il est indispensable de :

  • Prendre le temps de s’arrêter pour observer. Identifier l’émotion que l’on ressent avant que notre juge intérieur ne l’expédie dans l’inconscient.
  • D’accueillir sans juger. Ressentir les effets de l’émotion en observant : – Où sentez-vous l’émotion dans votre corps ? Quelle est la sensation ? – Quelle est la pensée associée ?
  • De la nommer et de l’extérioriser si possible . Respirer, souffler, pleurer, s’étirer, taper un coussin, crier dans les bois… Mais aussi grâce à des médiateurs artistiques, déposer l’émotion avec : l’écriture, la peinture, le collage, la terre, la danse.…), ce qui évite des nœuds énergétiques dans le corps et rétablit la bonne circulation.
  • Quelle en est la blessure ? Lorsque par exemple, la colère ou la tristesse sont récurrentes. Est-ce l’abandon, le rejet, l’humiliation, la trahison, l’injustice, la maltraitance, la violence…. Si vous en avez la possibilité, essayez d’écrire sans réfléchir ce qui vous vient. Des mots, des expressions peu importe. Que vous dit votre tête, votre corps à travers cette émotion qui revient sans cesse.
  • Et enfin, ne pas oublier de bien respirer et de se redresser. Prenez conscience de votre respiration, de son mouvement, et mettez votre respiration à l’endroit de votre corps où se trouve l’émotion. Respirez dans ce point comme si l’air entrait et sortait de cet endroit du corps.

Nous ne sommes pas obligé d’être d’accord avec nos émotions douloureuses, avec nos ruminations mentales. Nous ne sommes pas obligés de les aimer mais refuser de les accueillir et lutter contre elles, est plus dangereux que de les accepter et d’en prendre soin. Lorsque nous accueillons nos émotions désagréables pour les apprivoiser et envisager de les transformer alors nous irons de plus en plus vers les émotions agréables qui sont la joie, l’optimisme, la gratitude, l’émerveillement, l’amour, la compassion, l’enthousiasme….. Lorsque nous acceptons et accueillons les émotions douloureuses, nous sommes moins esclave des conditions extérieures.



Pour conclure, voici une petite vidéo très bien faite qui vous explique les émotions et leur fonctionnement

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Au plaisir de vous retrouver